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Par Prune Perromat (AFP)

                        

"La jeune fille et les loups", qui sort mercredi, met en scène Laetitia Casta dans le rôle d’une jeune femme rebelle au lendemain de la Grande guerre, qui, à défaut de pouvoir devenir vétérinaire, tentera de sauver la dernière meute de loups en France.

 

Quatre ans après le succès de "Malabar Princess" où Jacques Villeret incarnait son dernier rôle, "La jeune fille et les loups" est le deuxième long métrage d’un homme de cinéma fou de nature : Gilles Legrand, surtout connu pour ses productions telles que "Ridicule". Comme le personnage principal d’Angèle, incarnée par une Laetitia Casta (trop?) appliquée, l’intrigue de ce film se noue entre deux mondes : celui des hommes, de leurs guerres et de leurs industries, et celui des loups et des hautes montagnes. Ces univers, que tout oppose, se disputent les faveurs de la belle Angèle. "En bas", dans un village de Haute-Savoie, l’héroïne est courtisée par le fils du maire Emile Garcin, personnage sans scrupule campé par Jean-Paul Rouve qui se fond avec un plaisir évident dans le rôle du salaud de service. Sur les flancs enneigés des Alpes, l’ermite Giuseppe, l’ami des loups que les hommes surnomment "le fou", s’éprend à son tour de la jeune femme sauvée du froid sibérien par les bêtes sauvages. Stefano Accorsi – compagnon de Laetitia Casta à la ville -, est convaincant dans son rôle d’homme-loup, oscillant entre la bestialité de l’homme primitif reclus dans sa tanière et l’humanité de l’amant plein d’espoir.

 

Gilles Legrand avoue sa fascination pour les loups : "C’est un animal qui a nourri les fantasmes de nombreuses générations. L’histoire de sa rencontre avec la jeune fille se rapproche un peu du conte", a-t-il indiqué à l’AFP lors d’une présentation du film à Lyon. Ce qui n’est pas le cas du travail avec les loups dressés d’Amérique du nord. "Je n’avais pas mesuré la difficulté de travailler avec eux", confie Gilles Legrand. Marquée par une séquence montrant un loup noir donner un baiser à l’héroïne du film, Laetitia Casta ajoute: "Le loup doit vous choisir. Il réagit comme une personne qui sent quelqu’un ou ne le sent pas". Reste que si le point de départ de "La jeune fille et les loups" est intéressant, l’intrigue se révèle inégale au cours des deux heures de film avec des détours pas forcément justifiés (la mère de Giuseppe évoluant dans un cabaret par exemple). Aux côtés d’Accorsi, émergent des seconds rôles justes comme Michel Galabru, touchant en vieux maire charismatique qui devient sénile ou Patrick Chesnais, sobre en mari et père éploré.